1er MARS 2003 - RECONTRE DES FAMILLES DE VICTIMES DE LA ROUTE

 

 

 

Le GAR a tenu sa 1ère réunion de parents de et de familles d’enfants victimes de la route le samedi 1er mars dernier à Spa ; c’était là sa 1ère initiative en la matière et c’est peu dire qu’elle a non seulement connu un franc succès, mais a aussi pleinement atteint ses principaux objectifs, à savoir

- provoquer la rencontre de ceux qui ont perdu un être cher sur la route,

- leur permettre de s’exprimer entre eux,

- faire part de leurs chagrins à d’autres familles dans la même situation,

- communiquer à quelques personnalités les revendications qu’ils ont en matière de justice,

- dénoncer les lacunes de celles-ci lorsqu’un assassin n’est pas reconnu comme tel et donc, puni en conséquence.

La réunion se déroula à l’image de ce que j’en attendais : ce furent 3h de recueillement, 3h d’émotion et de tristesse, 3h de vérité, 3h bouleversantes aussi. Pour moi qui n’ai pas connu pareil drame parmi mes proches, il ne fut pas toujours évident de supporter tout ce qui fut dit sans broncher, sans baisser les yeux pour faire semblant de ne pas entendre, sans fuir du regard le visage en larmes d’une maman, sans avoir l’estomac qui se noue puis remonte dans la gorge.

Très sincèrement, une tâche difficile, voire impossible, que m’avait confiée Cécile JACOB, que celle de résumer en un compte-rendu cette réunion : oui, impossible de retracer fidèlement une atmosphère aussi particulière, avec tous ces témoignages d’accidents et de drames, avec toutes ces paroles criantes de vérité, avec toutes ces questions qui restent posées, …

Alors, plutôt qu’utiliser mes propres idées pour vous rendre compte de ce qui s’est dit, j’ai volontairement choisi de recourir à quelques (rares) extraits de ce qu’ont exprimé mamans et papas présents ce jour-là ; de la sorte, chacun comprendra mieux ce qui s’est dit et pourra apprécier à sa juste valeur ce que les parents ont sur le cœur ou veulent faire entendre à qui de droit :

 

                     - « il (parlant de son fils tué dans un accident) doit                            partir proprement, … il étaitdans son droit, …,                           c’est  un échec si les assassins de mon fils ne                                  sont pas présents au procès… »

- « notre fils a été tué en mission, …, on nous a conseillé de ne pas le voir après l’accident, …, le meilleur des avocats ne pourra jamais faire mieux que les parents, mais ceux-ci dérangent, … »

- «  la Justice manque de prévoyance lorsqu’elle est par exemple confrontée au problème de l’alcool au volant :

3 g d’alcool dans le sang en plein jour est quand même un signe, … »

          - « la Police ne fait pas de cadeau : il fallait prouver que notre petite                 fille n’avait pas chuté, …, les parents doivent très vite prendre                  les choses en mains eux-mêmes, il leur  faut apprendre à                          chercher de leurs propres moyens, … »

- « on nous a dit que l’amour filial était différent puisque notre enfant ne vivait plus sous le même toit… »

- « malgré les efforts de PEVR en ce sens (dixit Francis HERBERT, Secrétaire de l’ association Parents d’Enfants Victimes de la Route, et présent lui aussi), il semble que rien n’ait changé depuis 10 ans : nous sommes dans un état de droit et nous, parents, sommes avant tout demandeurs de justice… »

- « j’ai appris l’accident mortel de ma fille par la « bande », c’est à dire par ma sœur ; encore un peu et j’en étais informée par la presse… » 

On se doute bien que beaucoup d’autres choses ont été dites mais il serait vain de toutes les citer. Comme d’autres, j’ai pu observé que les parents sont outrés (le mot est faible, scandalisés conviendrait davantage) par le déroulement approximatif des enquêtes, par la lenteur des procédures et par la Justice en général : c’est un véritable ras-le-bol qu’ils tenaient tous à exprimer ; c’était là l’occasion rêvée pour clamer tout haut ce qu’ils avaient sur le cœur et qu’ils n’avaient d’ailleurs pas hésité à dire en d’autres occasions, plus formelles celles-là. Qu’on n’entende pas leurs griefs en hauts lieux est une chose, que l’on n’en tienne pas compte en est une autre : mais combien faudra-t-il donc d’enfants tués sur nos routes pour que l’on daigne prendre enfin conscience – ou reconnaître - ? que mal ou illicitement utilisée, la voiture est une arme, au même titre qu’un fusil ?

Que les parents ne soient pas ici vexés par ce que je vais dire, j’espère sincèrement qu’ils comprendront : certains observateurs de la réunion ont en effet estimé que certains y allaient peut-être un peu fort, dans leur façon de s’indigner ( en n’hésitant pas à crier fort ou à marteler du poing sur la table ), peut-être pour mieux se faire entendre des édiles présents (dont le Député wallon Thierry GIET, M. HENRION, représentant du Bourgmestre de Verviers C. DESAMA ou M. GREGOIRE, Bourgmestre de Jalhay). Personnellement, je ne partage pas cet avis : les parents n’ont pas souvent l’occasion de parler entre eux et ainsi se rencontrer est certainement pour eux un véritable exutoire. Il est donc normal que quelques unes des réactions soient exacerbées.

A propos de l’absence de la presse, pourtant conviée (mais en nombre limité), un seul mot : pour qu’elle se déplace, il aurait certainement fallu que se déroule un accident grave dans la région.

Albert GILLIQUET

Vice-Président

Je me permets d’ajouter une réflexion à ce que vient d’écrire M. Gilliquet, concernant l’absence de presse. Le carnaval battait son plein et malheureusement pour nous, le cortège ne passait pas à Spa ce jour-là ! Les journalistes avaient certainement fort à faire pour couvrir toutes ces manifestations de liesse, pendant que nous, parents, attendions qu’ils nous écoutent. Nous les avons espérés en vain, eux étaient à la fête et nous dans nos larmes.

Cécile Jacob

Présidente

  De Gauche à droite : M. Grégoire Bourgmestre de Jalhay, Bruno Philips - Avocat, Thierry Giet - Député, Philippe Dessy - Policier Cellule prévention ville de Spa , Commisaire Henrion représentant le Bourgmestre Desama de Verviers - Françoise Noll - Assistante sociale police de Spa.

  Les familles

  L'assemblée 

Bien cordialement,
Je lis tous vos messages,et mème si je ne peux pas être présent à certaines manifestations,cequi me désole,je n'en reste pas moins attentif a votre "combat" si similaire a celui de Don QUICHOTTE ....j'entends par là que si derrière vous  les "victimes"n'arrivent pas a émouvoir au point de provoquer une réelle réflexion c'est tout simplement parceque vous avez devant vous des "interfaces" administratives(et donc leurs fonctionnaires") inaptes a cerner vos doléances,voire mème n'avoir pas le temps de d'accorder un temps à cet effet...J'attends de "réussir" au moins un objectif économique avant de lancer un "pavé dans la mare "
qui devrait mettre à jour certaines incohérences et surtout des incompétances dans le chef de certains fonctionnaires  a hautes "responsabilité" ... Je pense que ce sera par un ouvrage dont le titre est déjà insrit : " OBJETS TROUVES".Mais je suis avec vous tous parceque au travers de vos peines,j'ai peur de les vivres ,qui sait ...Bien a vous. Tony CAVALERI
 

Cela ne m'étonne pas des journalistes ils font que du sens.... lorsqu'ils
perdront un enfant Ils viendront vzers toi, mais pour le moment il y a autre
chose qui le sinterressent : la guerre, les meutres
ça c'est du sens.....mais pour nous mères qui avont perdu un fils
rien....comme m'a dit un jour un journaliste c'est un fait divers
Huit mille morts par an c'est un fait divers ......
celà ne fait rien Cécile nous sommes tous et toutes avec toi.

                                               Geneviève

Bonjour Fourmi
 
... Bon c'est comme en France alors !
Personne ne bouge ... ni même les journalistes !
C'est scandaleux !
je pense fort à toi
Biz
Nad

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