DOSSIER KEVIN SUAREZ

KEVIN

17 juillet 1992 - 01octobre 2005

Tu nous a quittés un samedi soir. Quand on est venu nous l'annoncer, c'était comme si tout s'écroulait autour de nous.
C'est pour nous le jour le plus horrible de notre vie. Tout a
changé dans notre cœur, plus rien ne sera jamais pareil. Tu nous manques et la vie sans toi est triste. Tu étais pour nous, notre petit rayon de soleil et dans notre cœur, il fait nuit chaque jour qui passe. Notre souffrance depuis ton
absence est infinie. Tu es pour nous une étoile qui brille dans le ciel et restera à jamais ainsi pour l'éternité .
On se reverra un jour et j'espère de tout mon cœur que ce sera toi qui sera là, quand nos yeux se fermeront à jamais.
Nous t'aimons pour toujours.

Maman et Papa
 
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L'ACCIDENT

Tribunal de Namur

  La mort de Kevin SUAREZ (13 ans) en 2005

L’avocat du responsable : « le type même de l’accident idiot » !

  Au Tribunal de Namur, se sont déroulées, les 17 avril et 10 mai derniers, les audiences relatives à l’accident mortel dont fut victime le petit Kevin SUAREZ, 13 ans. Le 1er octobre 2005, Kevin, qui revenait d’une sortie au théâtre en compagnie de quelques camarades (tous encadrés par deux éducatrices) se trouvait le long de la Nationale 92 à Wépion et  avait été fauché puis traîné sur plus de 60 mètres !

  Irresponsabilité, inconscience et lâcheté

L’auteur de ce drame,  Ronald L, 31 ans (d’Anseremme), roulait à 100km/h sur une voie normalement limitée à  50; outre qu’il avait consommé des boissons alcoolisées (1,14 g), il avait été distrait (le mot est faible) parce qu’il cherchait … son briquet neuf tombé coté passager. C’est dire si l’intéressé était attentif à la conduite de son véhicule et apte à le maîtriser. Après le violent impact, moteur de son Audi cassé, ce fou trouva encore l’énergie suffisante pour mener sa voiture dans le parking du magasin Aldi, proche de 1 km. C’est d’autant plus surprenant que l’emplacement qu’il trouvera (si l’on peut dire) était situé hors de portée des yeux, soit derrière le bâtiment.

Conscient qu’il avait « heurté quelque chose » (ce sont ses propres termes), il revint à pied vers le lieu du crash et là, devinez donc quelle fut sa 1ère préoccupation : demander du feu à un agent qui s’empressa de l’éconduire. Ce n’est seulement que quelques minutes plus tard qu’il daigna avouer être le responsable du drame : en ayant perdu sa plaque d’immatriculation à l’endroit de l’accident, c’eut été difficile de nier … On peut d’ailleurs légitimement se demander s’il serait revenu sur ses pas si son véhicule n’avait pas définitivement refusé tout service ?

  Gaucherie et irrespect

Présent à la 1ère audience, l’homme s’efforça de réduire sa responsabilité (comme toujours dans ces cas-là) et mit tout sur le compte d’un bref instant de distraction, pas davantage. Son avocat, le Bâtonnier DERENNE, d’habitude très habile pour retourner en sa faveur les arguments de la partie adverse (les parents du petit en l’occurrence), y alla de quelques surprenantes maladresses dont l’une fit grand bruit parmi l’assemblée : en effet, évoquant le comportement troublant de son client, il conclut en ces termes : « c’est le type même de l’accident idiot » ! Inutile de préciser la stupeur que produisirent ces propos auprès de toutes les  personnes présentes. Et précisément, parmi elles, se trouvaient beaucoup de parents connaissant la même pénible situation que les parents du gamin, des représentants de notre asbl et de PEVR, ainsi que des journalistes. Nous tirons d’ailleurs notre chapeau au Juge ARNOULD qui, parfaitement conscient des remous créés par ces malheureuses paroles et témoin privilégié du tollé général qui s’ensuivit, s’efforça TRÈS CALMEMENT ET AVEC UNE RARE COURTOISIE, de ramener calme et silence parmi le public auquel il promit de pouvoir s’exprimer par la suite C’est suffisamment inhabituel de la part d’un Juge pour que cette attitude sereine, de la part d’un Juge surtout, soit soulignée. [Il nous plaît de faire remarquer que cela nous change des pratiques liégeoises notamment : quelques magistrats de la Cité ardente feraient bien d’en prendre de la graine, n’est-ce pas Mme Machin ?].

  On s’en voudrait par ailleurs de passer sous silence le fabuleux speech relatif à Georges BUSH et à Lionel JOSPIN (fabuleux rapprochement !) dont nous gratifia l’avocat pour décrire ce qu’est la tétanie (une crise de contracture musculaire) dont Me DERENNE n’avait pourtant pas besoin pour décrire l’état de son client au moment des faits. Il fallait décidément une sérieuse dose de sang froid et de maîtrise de soi pour demeurer de marbre face à une aussi incroyable plaidoirie.

  Révolte et dignité

  Les parents de Kevin (bien entendu parties civiles), très dignes malgré leur chagrin, prirent la parole : des propos de Marianne BLOND, la compagne du papa et maman de cœur de Kevin, nous retiendrons l'amour extrême  qui les unissait, tandis que Francisco SUAREZ, son père, mit en évidence son incompréhension et sa révolte devant un tel drame. De son côté, Mme Annette FELIX,, sa marraine de parrainage, dressa un portrait extrêmement  poignant du petit dont la vie avait été parsemée d’obstacles..

L’avocate de la Famille SUAREZ s’efforça de démontrer le comportement aberrant du responsable qui, en plus d’un excès de vitesse (100 km/h), se rendit également coupable d’une distraction meurtrière, d’un délit de fuite, sans oublier son imbibition alcoolique : il faut dire que cela fait beaucoup. Quant à l’avocat de la défense, s’il créa l’incident précédemment évoqué, il s’échina aussi à prétendre que l’alcoolisation de son client n’avait aucun rapport, mais strictement aucun !, avec l’accident et que le délit de fuite n’en n’était pas un : il s’agissait seulement de garer son véhicule de telle sorte qu’il ne gêne pas la circulation. Cerise sur le gâteau, il estima également que des peines alternatives consisteraient, à ses yeux, en une sanction idéale pour permettre à cet irresponsable de ne pas perdre sa nouvelle activité professionnelle (chauffeur poids lourds !). Ben voyons et comme je l’écris souvent en regard de telles situations, vaut-il mieux entendre tout cela qu’être sourd ? Je vous le demande … Tant qu’à faire, le GAR pourrait organiser une collecte à son profit pour réparer sa voiture ou s’acheter des briquets ?

Par contre, le Ministère public, représenté par M. le Substitut DELFORGE ne fut guère tendre (c’est d’ailleurs son rôle dans de telles circonstances) à l’encontre du gaillard et estima qu’il fallait condamner très sévèrement ce genre de délinquant routier.

  Un jugement sévère mais encore insuffisant

Il fut assurément entendu et suivi dans son réquisitoire puisque lors de l’audience du 10 mai dernier (celle du jugement), le Juge prononça le verdict suivant :

- pour homicide involontaire : 15 mois de prison ferme, 2 ans de déchéance (avec obligation de repasser tous les examens : pratique, théorique, médical et psychologique) et 2200€ d’amende

- pour alcoolémie : 1 mois de déchéance de permis et 1100€ d’amende

- pour délit de fuite : 12 mois ferme, 2 ans de déchéance et 2750€ d’amende,

soit au total : 27 mois de prison ferme, 49 mois de déchéance et à la caisse , 6050€ d’amende. En principe, ça fait réfléchir … : oui, il est bien écrit « en principe ».

La peine est conséquente si l’on considère les pratiques habituelles en la matière chez nous. Aux yeux des parents pourtant, elle reste bien entendu insuffisante puisqu’ils souhaitaient, en plus, la déchéance définitive du permis. On ne peut leur donner tort.  Force nous est cependant de constater que, peu à peu, les Juges (certains en tout cas) prennent conscience des drames humains causés par certains accidents de la route. Progressivement, ils semblent enfin admettre qu’il existe des conducteurs pour lesquels la clémence n’a aucune raison d’être.

Je ne vous surprendrai pas en vous disant que la défense n’a pas attendu le délai maximum de 15 jours pour aller en appel de cette décision puisqu’elle a décidé de cette procédure l’après-midi même. Il fallait s’y attendre mais c’est aussi une arme à double tranchant puisque si la peine infligée peut être accrue, elle peut aussi s’en  trouver réduite. Au GAR, nous n’aimons beaucoup pas les procédures d’appel qui consistent à faire revoir le jugement du responsable à la baisse; en effet, maints exemples démontrent à souhait qu’elles se révèlent trop souvent à son avantage … Le délai statistiquement « normal » ( ?) étant de 6 à 8 mois pour que l’affaire soit rejugée, il a en effet tout le temps de « se racheter une conduite » : dès lors, il pourrait faire bonne impression à la prochaine audience et donc, influencer le nouveau jugement en sa faveur. Et durant ce laps de temps, vous savez quoi ? Monsieur peut conduire à son aise avec son permis en poche ! Moche, moche tout ça …

 

, vice-président

 

L'audience, articles de presse

La DH  

Vers l'Avenir  

Le Quotidien de Namur 

 

Jugement, articles de presse

La DH 

Le quotidien de Namur

 

L’appel

Vous avez lu par ailleurs le jugement qui avait été rendu le 10 mai dernier et je ne vous ferai donc pas l’injure de vous le répéter. Vous avez également pris connaissance de la volonté du responsable et de son conseil d’aller en appel de ces décisions, celui-ci estimant les peines beaucoup trop sévères ... Cette audience s’est déroulée le 20 novembre dernier au Tribunal de 1ère instance de Namur, mais le jugement définitif ne sera prononcé quant à lui que le 15 janvier 2008 : en cause, le défenseur a demandé pour son client 300h de peines alternatives. Ceci implique une enquête sociale concernant le prévenu et celle-ci, forcément, prend du temps.

Nous vous tiendrons évidemment informés des suites de cette triste affaire.  

Tribunal de Namur, affaire Kevin SUAREZ, nov. 2007

 

Me DERENNE : lorsque l’erreur est inhumaine

 

Me DERENNE, l’avocat du responsable de l’accident qui coûta la vie au petit Kevin (14 ans), accumule décidément les bourdes, et c(est peu dire, avec une conviction hors du commun. C’est même si rare que je me suis demandé comment il avait pu faire une telle carrière s’il a multiplié les gaffes à ce rythme. Et je suis fort aimable lorsque je parle de gaffe : il s’agit bel et bien de fautes, pas de simples écarts de langage comme il le prétend. Mieux, ce sont de véritables insultes qu’il profère à l’égard de ces parents qui ont perdu ce qu’ils avaient de plus précieux, des propos qui témoignent d’un profond irrespect envers des personnes anéanties.

Le 10 mai dernier déjà, n’avait-il pas qualifié, lors de sa plaidoirie, le drame survenu de « banal accident », ce qui lui valut des huées fournies de la part du public présent. Maître, gardez donc cette notion de banalité pour un refus de priorité avec un phare cassé pour tout dégât. Il avait aussi argumenté « nous ne sommes pas en présence d’un délit de fuite : l’Audi a continué sur sa lancée, voilà tout ». Ben voyons, plus gros que ça, tu meurs ! Il se fit d’ailleurs alpaguer dès sa sortie du Tribunal par une maman en pleurs et heurtée par ses paroles : il s’excusa, reconnaissant qu’il y avait été un peu fort  puis … enfourcha son vélo.

Cette fois, le bâtonnier DERENNE ne répéta pas la même faute : il en commit d’autres ! Alors que le Président ARNOULD avait parlé de la nécessité de lancer un signal clair et fort à la population, l’avocat exprima que la justice devait « réserver des signaux forts dans le cas d’asociaux ou de monstres », puis que le tribunal avait frappé un grand coup parce qu’il s’agissait d’un enfant. Et cerise sur le gâteau, il eut la bêtise d’ajouter : «Émotionnellement, on est plus frappé quand c'est un garçon de 14 ans qui est tué qu'un petit vieux de 80 ans, ce qui est davantage dans l'ordre des choses ». Il se rendit alors compte qu’il était allé trop loin dans sa stupide comparaison et reconnut que son propos était déplacé.

 

Alors Me DERENNE, nous vous reverrons probablement lors d’un autre procès, alors que vous défendrez, peut-être, une jeune victime de la route et je suis d’ores et déjà convaincu que vous mesurerez davantage vos propos. Et je prends le pari dès aujourd’hui : vous citerez le prénom de l’enfant disparu, ce qui ne fut même pas le cas pour Kevin. Votre attitude porte atteinte à la dignité des parents du petit, mais vous blessez également tous ceux qui ont vécu pareille tragédie. C’est honteux de la part d’un avocat.

 

 

Albert GILLIQUET

Vice-président du GAR

 

 

A.G.

VERS L'AVENIR : Le quotidien de Namur 

 

 

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