Quelles attitudes adopter par l'entourage avec les victimes et leurs proches !!!

(par victimes on entend les membres de la famille du disparu ou le blessé grave)

1 . Quelles positions doit on adopter avec les proches du disparu ?

Même au sein d'un groupe familial, pourtant éprouvé par la même perte, les différentes personnes qui le compose pourront avoir des réactions différentes, ce qui introduira entre elles des décalages, des distances, des incompréhensions.

Il faut éviter que les proches du disparu ressentent un interdit de parole ou reçoivent :

- des paroles d'évitement, les poussant à oublier, à tourner la page;

- des paroles stimulantes de retour à la normalité de la vie ou d'appel à la volonté;

- des jugements évaluateurs et culpabilisants les soupçonnant de complaisance à leur peine;

- des attitudes de banalisation, de fuite, voire de rejet, ou des consolations inadéquates.

Il ne faut pas que le deuil devienne un événement solitaire, individuel non reconnu ou suspect.

Il faut donc mettre les victimes ( blessés graves ou membres de la famille du disparu) dans une situation où il leur est possible de parler, sans être jugés, en pouvant exprimer des sentiments et redevenir sujet de leur propre vie et non objet de pitié.

Si le disparu est leur enfant, les conseils ci-dessus sont encore plus nécessaires pour l'attitude à adopter avec les parents.

En plus :

- sachez qu'ils n'oublieront jamais, qu'ils ne seront jamais "guéris" : 10 ans, 20 ans...

- pendant tout ce temps, ils ont besoin des autres: parlez leur, écrivez leur souvent, et surtout aux dates phares: anniversaires de la naissance ou de la mort de l'enfant.

- il ne faut pas avoir de réserve à prononcer le nom de l'enfant mort, à leur parler de lui.

- si la mère ou le père pleure lorsque vous évoquez son souvenir, ce n'est pas parce que vous l'avez blessé : c'est la mort de son enfant qui l'a blessé.

- chez vous, n'effacez pas le souvenir de l'enfant disparu en éliminant sa photo ou d'autres souvenirs.

- n'adoptez pas les deux extrêmes: ne pensez pas trop vite que le deuil est fini, à l'inverse ne proposez pas de soins psychiatriques.

- ne proposez pas non plus des médicaments ou de l'alcool.

- acceptez leurs réactions physiques: prise de poids ou amaigrissement, troubles du sommeil, colères, désespoir...

- sachez que ce ne sera plus jamais la même personne que vous connaissiez avant : elle aura de nouvelles idées, de nouvelles croyances : faites des efforts pour "connaître" cette nouvelle personne.


2 .Quelles positions doit-on adopter avec les blessés graves ?

Il faut qu'il parle: la parole (le dessin pour l'enfant) permet de décharger son angoisse et de transformer en acte ce que l'intéressé a subi passivement lors de l'accident. Cette prise en charge par la parole doit être opérée le plus tôt possible après l'accident.

3 . Le procès

Accompagnez les victimes au procès, pour les soutenir, les aider.
  

Le cas particulier des enfants : comment les aider
à faire face à la mort d'un proche due à un accident

1 – Répondre aux sentiments de l'enfant, l'encourager à parler de ses peurs, se sentir à l'aise avec lui pour exprimer nos propres sentiments

2 – Les réponses à ses peurs doivent être directes, simples. L'enfant peut accepter des explications quand il fait confiance à l'adulte.

3 – Jouer beaucoup avec l'enfant, les enfants communiquent leurs plus profonds sentiments par le jeu et par des actions.

4 – Pendant les premières semaines après la mort, la personne qui en a la garde doit prendre le temps de s'asseoir et de jouer avec l'enfant, en évitant de guider le jeu. On ne doit jamais le critiquer pour la façon dont il exprime ses sentiments.

5 – Le laisser partager la douleur familiale, la colère, mais l'empêcher de voir l'effondrement de quelqu'un sur lequel il s'appuie.

6 – Aider l'enfant à comprendre que la mort en elle même ne fait pas mal, mais que la tristesse est due à l'absence de la personne aimée.

7 – Permettre à l'enfant au dessus de 7 ans (parfois même en dessous) d'assister aux obsèques, sans l'obliger. Cela lui confirmera que la mort est réelle. Il convient de lui expliquer avant ce que sont les obsèques.

8 – Comprendre et accepter les comportements qui semblent déplacés. S'il rit de choses qui ne sont pas drôles, c'est pour assumer des sentiments qui l'assaillent .

9 – Permettre à l'enfant de partager les événements commémoratifs, de vous accompagner au cimetière .

10 – N'ayez pas peur des larmes : c'est naturel pour l'enfant de pleurer.

11 – Parler de la mort quand l'enfant veut le faire, donner des réponses honnêtes et adéquates à ses questions , ne pas lui dire des choses qu'il n'a pas demandées.

12 – Éviter de dire par exemple "Papa est parti pour longtemps": il pourrait l'interpréter comme un abandon.

13 – "Maman est au ciel" ne peut pas être compris par l'enfant puisqu'il sait qu'elle est au cimetière. Parler de l'âme si on le désire.

14 – "C'est la volonté de Dieu" donnerait lieu à un sentiment de colère contre Dieu , dire plutôt que quelqu'un d'irresponsable a causé sa mort.

15 –" Grand-père est mort car il a été malade " est insuffisant comme explication : il pourrait penser que toutes les maladies causent la mort.

16 – Éviter de dire "mourir c'est comme dormir" : il aurait peur de mourir en dormant.

17 – Ne pas le soustraire à la réalité de ce qui se passe en l'envoyant vivre avec d'autres personnes pendant la période des jours du décès et suivants : il doit faire l'expérience de la douleur et du fait qu'il peut s'en sortir.

 

                                                 

Commentaires !

 

Retour au sommaire du magazine

Retour à la page d'accueilHit-Parade