La fragilité du cycliste

 

Les vacances sont loin derrière nous, et parfois même très loin. Et, pour de multiples raisons, elles resteront ou non gravées dans la mémoire, demeureront un souvenir impérissable ou seront à classer au rang des oubliettes et parfois même, on s’en rappellera seulement parce qu’un album poussiéreux en témoigne. Voici pourquoi les miennes (et celles de mes amis) ne risquent pas de rejoindre la malle des trous de mémoire.

Pour des estivants, qu’il y a-t-il de plus normal que de se balader sur un vélo loué auprès d’un des nombreux commerçants qu’il existe à la Côte belge ? Et moyennant une somme modique, et sans pour autant se prendre pour l’Armstrong des Flandres (pas le cosmonaute, l’autre), on s’aventure (un bien grand mot !) à circuler sur les routes flamandes. Il faut reconnaître que les cyclistes y sont plutôt bien accueillis puisque, a priori tout au moins, les infrastructures (pistes cyclables par exemple) sont conçues pour qu’ils y roulent en toute sécurité.

Cela, c’est la théorie. La pratique est tout autre et ces quelques lignes sont précisément rédigées pour mettre en garde ces usagers … très faibles contre les distractions (et les conneries ?) à ne pas commettre au guidon : le danger  guette à tout instant et même lorsque l’on est seul !

  Gardons présent à l’esprit qu’un vélo, quel que soient les véhicules qui lui tournent autour, n’est jamais qu’un assemblage de tubes, le tout doté de quelques accessoires mais  surtout, muni de deux roues seulement (ce qui reste peu).

Aussi, lorsqu’on lâche le guidon d’une main, et même en circulant à 4 (quatre) km/h, il importe de rester maître du reste pour continuer paisiblement en droite ligne. Ce ne fut pas mon cas en ce 23 juin et en une  poignée de secondes, je me suis retrouvé par terre puis, en un peu plus de temps, à l’hôpital …

Bilan de cette fâcheuse imprudence : un poignet explosé, l’autre « seulement » cassé (c’est vite dit !), et des vacances pour chacun pas vraiment gâchées mais considérablement … perturbées, c’est le moins que je puisse en dire.

  Douloureux, gênant, invalidant, sentiment d’impuissance, et la très désagréable impression de dépendance aux autres …

  Mais il y a du positif car à tous ceux qui m’ont dit « c’est une catastrophe », je réponds volontiers avec optimisme mais franchise, que cela aurait pu être pire ; en effet, j’aurais pu me faire beaucoup plus mal ou tomber sur la tête par exemple (je n’avais pas de casque). 3 réflexions me viennent quasi quotidiennement à l’esprit :

      - Cécile et Jean-Pierre JACOB sont en train de me démontrer, comme si besoin était !,  que l’amitié n’est décidément pas un vain mot puisqu’ils m’accueillent chez eux depuis le début du mois de juillet. Et ça, croyez-m’en, ce n’est pas de la tarte : ils font pour moi toutes les tâches banales du quotidien telles que couper ma viande, nouer mes lacets, m’habiller (et l’inverse !), ouvrir et fermer les bouteilles … j’en passe et des meilleures, le tout sans détails que chacun imaginera sans peine. Il leur faut une bonne dose de patience et d’abnégation pour ainsi ,me permettre de vivre dans les meilleures conditions physiques et morales qui soient. C’est cela la véritable amitié et si vous avez la chance de la croiser sur votre chemin, essayez de la saisir mais soyez sûr d’une chose : elle n’est vraiment pas facile à cultiver et sa rareté en fait une denrée précieuse.  

-   on ne répétera jamais suffisamment qu’un cycliste est vraiment un usager très faible, même lorsque aucun autre véhicule n’est en cause : la fragilité du corps humain se mesure pleinement lorsque survient semblable accident … Je réitère l’habituel conseil aux autres usagers : redoublez donc de vigilance lorsque vous êtes amenés à côtoyer des deux-roues, et particulièrement lorsque vous souhaitez les doublez.

-   Le plus important n’est cependant pas là : que dire alors de tous ces jeunes qui, cyclistes par exemple, se font faucher par un automobiliste ivre qui ne leur laisse laissent absolument aucune chance : heurtés, ils sont catapultés comme des poupées de chiffon et le plus souvent, mortellement blessés. On assiste d’ailleurs à une terrible recrudescence des drames de ce genre en été et devant lesquels les conseils de prudence les plus avisés restent vains. Tant que certains usagers motorisés n’appliqueront pas la tolérance 0 face à l’alcool, ces malheurs perdureront … Ils perdureront d’autant plus que les sanctions envers les conducteurs en état d’ébriété resteront aussi dérisoires en Belgique : pour une fois, puissent nos responsables s’inspirer de nos voisins français et fassent ainsi preuve d’humilité en les copiant bêtement, dans ce domaine tout au moins.

  Alors, je vous le dire tel que je le pense : qu’Albert GILLIQUET soit blessé ou non, ne revêt, au fond, pas beaucoup d’importance, même si cela l’emmerde au quotidien pendant de longs mois : il convient en effet de relativiser et de regarder la souffrance et la détresse des autres avant de s’apitoyer sur son sort pour un mal somme toute guérissable. Ce n’est pas le cas de toutes ces victimes qui tombent sur nos routes …

 Août 2005

 

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