Coupe d’Europe des Nations pour athlètes paralympiques 

 

Nous les bien-portants, taisons-nous donc !

 

Quoiqu’on en dise, quoiqu’on en pense, le bénévolat a du bon. Bien sûr, tel que je le conçois, la tâche n’est pas toujours facile, d’autant que l’ un des volets de nos activités (qu’ il s’agisse indifféremment du GAR, de RED ou de PEVR), concerne les victimes d’accidents de la route. Et c’est souvent dur parce que nous sommes quotidiennement confrontés à la triste réalité des choses et notamment, à l’incommensurable chagrin et au profond désarroi de parents qui croyaient dur comme fer que leur enfant serait à l’abri, forts des conseils de prudence qu’ils lui avait prodigués. De la même manière, nous sommes souvent face à des jeunes et des moins jeunes qu’un accident de la route a mutilés, plus ou gravement, dans leur chair ou dans leur  âme.

En ne considérant que ce seul aspect, cet investissement personnel dans des asbl de sécurité routière ressemble davantage à un sacerdoce qu’à une simple occupation. Soit, c’est un choix et nul ne m’oblige à le faire.

  Les 6, 7, 8 et 9 Juillet derniers  cependant allaient nous réserver d’ heureuses surprises . Que mes amis du GAR m’excusent de ne pas parler en leur nom propre : en effet, ce que j’ai ressenti tout au long de ces 4 jours m’est peut-être tout à fait personnel (quoique …) et il ne m’appartient pas de raconter comment eux ont  vécu ou apprécié les choses. Mais nul doute qu’ils se reconnaîtront dans mes propos.

  L’histoire est simple : vous savez que, depuis quelques mois, Alain VLUGGEN est devenu notre collègue et ami, ou plutôt notre ami et collègue. En très peu de temps (quelques mois), il a su s’imposer comme un fidèle collaborateur de notre asbl et c’est à lui qu’échoit désormais la responsabilité de notre antenne germanophone. Alain est gravement handicapé (amputé tibial, suite à un dramatique accident de la route), mais sa particularité ne réside pas dans ce seul fait : c’est en effet un athlète paralympique de très haut niveau (avec plusieurs titres et records mondiaux à son actif) qui mettait précisément un terme à sa carrière lors d’une compétition internationale dont il était l’une des chevilles ouvrières. Et précisément, cette compétition(Coupe d’Europe des Nations) avait précisément lieu les  6, 7, 8 et 9 Juillet à Herve.

  En cette occasion, notre mission était simple, a priori du moins (certains bénévoles me comprendront …) puisqu’elle consistait à véhiculer des  athlètes paralympiques de tous pays (Suisse, Maroc, Emirats Arabes, Espagne, …), de Zaventem à leurs hôtels respectifs, puis de ceux-ci au Stade de Herve et ce, quotidiennement. C’était original pour nous, devenus chauffeurs, dans la mesure où, habituellement, nous nous appliquons à reconduire chez elles des personnes ayant un peu trop … appuyé sur la dive.  Ce ne fut pas le cas ici, rassurez-vous.

  Et c’est là tout l’intérêt de cette expérience : il nous incombait en effet transporter des jeunes hommes et des jeunes femmes avec lesquels la vie ne s’est pas montrée tendre, loin s’en faut (Pour la petite histoire, sachez que parmi eux, se trouvaient aussi des accidentés de la route).

  L’essentiel est qu’il nous a été donné de fréquenter pendant 4 jours des athlètes internationaux dotés d’une force de caractère peu commune, d’une extraordinaire simplicité et d’une sincérité qui nous est totalement étrangère. Ils ne jugent pas, semblent apprécier les bonnes choses de l’existence à un degré qui nous échappe quasi totalement, dégagent une sympathie à laquelle nous ne sommes guère familiarisés et sourient constamment (attention, pas des sourires béats mais bien l’expression d’un  remerciement pour ce que nous faisions et de la satisfaction d’être là, prêts à en découdre avec d’autres) - alors que d’ autres, à l’intégrité physique totale, ne le feraient peut-être pas :  en bref, c’est une magnifique leçon d’humilité que l’ensemble de ces sportifs nous ont offerte. Quelque part, ils se savent physiquement diminués certes,  mais leurs performances sportives les propulsent à un rang que la plupart d’entre nous  n’atteindront sans doute jamais.

  Outre ceci, j’ai aussi pensé à tous ceux que la route  a blessés ou handicapés à jamais : il est surprenant de constater à quel point une personne qui ne jouit pas ou plus de toutes ses aptitudes physiques, peut transformer sa vie en totale réussite, à condition toutefois de croire très fort que la vie ne s’arrête pas à l’accident (j’imagine sans peine que l’entourage est également essentiel dans cette motivation). Pour eux, le sport s’est progressivement installé tel un moteur de  leur existence et par les temps qui courent, il me plaît à souligner qu’eux n’ont point besoin de substances illicites pour atteindre les objectifs fixés. Je dirai enfin que l’entraînement de ces sportifs est extrêmement dur, sévère même, et exige de leur part une rigueur peu commune.

 

Alors, penserez-vous, pourquoi cet article peu en rapport direct avec nos activités ? Retenons simplement ces démonstrations de courage et de volonté données par tous ces athlètes car un jour ou l’autre en effet, elles peuvent, à tous, nous être utiles. Prenons-en donc de la graine ou, même occasionnellement, pensons-y, tout simplement …

  Albert GILLIQUET

Vice-président

  Juillet 2006

 

Pour réagir à cet article : albert.gilliquet@gar-asbl.be

 

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