"STEVE PEUT REPOSER EN PAIX"

 

Il semble superflu de relater, à nouveau et en détails, les circonstances de ce tragique accident. Je pense en effet qu’elles sont désormais connues, la presse quotidienne, radiophonique et télévisée en ayant fait, et c’est normal, ses choux gras. De son côté, le GAR y a d’ailleurs consacré un large écho à plusieurs reprises, à la fois  sur son site et dans sa brochure. Il convient  juste préciser que nous étions restés constamment aux côtés des parents du petit Steve dans leur combat pour que soit rendu un verdict plus sévère à l’égard de celui qui avait tué le petit garçon ; en fait, pour ses parents, il ne s ‘agissait pas seulement d’appliquer un peine plus dure à l’encontre du chauffeur, mais surtout de faire admettre au Tribunal que le gamin n’était pas responsable de l’accident. Car tel était le cas jusqu’à présent puisque précédemment, « on » avait alors estimé que

-         le jeune cycliste avait indiqué trop tardivement et trop brusquement  son intention de virer à gauche pour rentrer chez lui

-         et surtout, que le conducteur aurait de toute façon renversé l’enfant même s’il n’avait pas bu, ce qui semblait à tous (sauf au Juge) ahurissant. Contrairement à ce que  j’écris souvent, il valait mieux être sourd que d’entendre cela. C’était, de toute façon,  le reflet d’une ignorance totale quant aux effets de l’alcool sur un être humain et a fortiori, sur la conduite d’un véhicule en état d’ivresse.

-         En 1ère Instance donc, il apparaissait que le petit Steve était responsable de sa propre mort, de quoi crier au scandale ! Pour sa part, le chauffard était donc condamné pour la seule prévention d’ivresse au volant, aggravée par le fait qu’il était en état de récidive légale.

Le lundi 19 Février dernier, suite à l’appel introduit par le Parquet, le Tribunal de Dinant a enfin rendu un jugement plus cohérent, plus logique,  dans cette triste affaire puisqu’il a enfin condamné l’automobiliste dinantais (53 ans) à 3 ans de prison, dont un ferme, et à la suspension à vie de son permis de conduire, estimant que « « l'attitude du prévenu est critiquable car il se trouvait dans un état d'alcoolémie et d'ivresse avancé, état qui a manifestement influencé son aptitude à conduire »,  Quant aux responsabilités, le Tribunal a enfin reconnu que ce conducteur avait 75% des torts à sa charge : à notre sens, c’est la moindre des choses puisque ce multirécidiviste avait 2.13g dans le sang ( !) au moment des faits et que sobre, il est quasi certain qu’il aurait pu éviter le jeune cycliste. Les 25% de responsabilité restants sont à charge de Steve, considérant que celui-ci avait peut-être manœuvré un peu trop brusquement pour tourner à gauche alors qu’il était suivi. Comme l’a d’ailleurs dit très objectivement  Marie-Ange, la maman de Steve, « je n’étais pas là au moment de l’accident et ne pourrai donc jamais dire que c’est vrai ou faux ».

Je m’en voudrais de passer sous silence l’effarant pedigree de ce multirécidiviste, que son avocat a qualifié « d’autiste social » et dont il dit aussi « qu’il regrette infiniment » :

-         5 jugements correctionnels

-         7  de Tribunal de Police

-         32 mois de prison

-         de multiples déchéances du permis.

(source : DH janvier 2007)

On relèvera d’ailleurs que même le Tribunal a stigmatisé cette absence de prise de conscience de son alcoolisme : le prévenu ne se soigne pas (« à qui s’adresser ? », ce sont ses propos), continue au contraire à boire et roule sans permis de conduire. Dernier détail, et presque pour l’anecdote : le 22 décembre 2006, il a commis un vol à l’Eurocenter auquel il s’était rendu … en voiture. Il y a des individus qui sont indécrottables et je suis convaincu, sans risque de me tromper, qu’il appartient à cette dernière catégorie.

De cette très pénible affaire, il en demeure que les parents de Steve (ainsi d’ailleurs que Dany, le compagnon de Marie-Ange) attendaient ce jugement depuis 21 mois. Mais, personnellement, ce n’est pas tant la longueur de la procédure qui m’interpelle le plus : en Belgique, nous sommes relativement familiarisés avec pareil délai. C’est davantage l’opiniâtreté de Marie-Ange (la maman de Steve) qui m’a constamment frappé : ses interventions médiatiques, toutes accompagnées de propos incisifs à l’encontre de la Justice, ont été innombrables ; elle a tancé les politiques (s’en mettant assurément quelques uns à dos), alerté  la presse, fait aboutir une solide pétition (réunissant pas moins des milliers de signatures) auprès de la Ministre, … Bref, elle a dépensé une énergie folle pour mener à bien son combat, au point de mettre sérieusement en péril sa propre santé. Certes, il y avait le chagrin, l’incommensurable peine d’avoir perdu son enfant. Mais à côté de ce désarroi, trônait une envie indestructible que Steve soit reconnu comme une victime et qu’un tel drame ne survienne plus jamais. Dès lors, ce fut une guerre à boulets rouges, de tout instant, sans répit, qui fut livrée contre celui qui avait commis l’irréparable. Oserais-je écrire que de la haine transpirait au travers de tous ses propos concernant cet homme ? Et pourquoi pas, car quelque part, je la comprends, nous la comprenons. La ténacité de Marie-Ange aura finalement eu gain de cause : avec le Jugement évoqué précédemment, c’est pour elle, pour ses parents (sans oublier Jennifer, la sœur aînée de Steve). Bien plus qu’une simple satisfaction, la condamnation de ce triste sire est au moins un soulagement.

Dans nos colonnes, vous avez peut-être lu que le GAR et d’autres associations de sécurité routière (PEVR, APPER, RED) menaient des concertations avec Mme ONKELINX, Ministre de la Justice, et d’autres services compétents, L’un des principaux buts de ces groupes de travail et de ces réunions est de parvenir à requalifier les peines infligées é certains  responsables d’accidents de la route, les récidivistes sous influence par exemple Nous attendons beaucoup de ces travaux, même si leur concrétisation n’est pas pour demain. Vous saurez tout lorsque je vous aurai dit que c’est Marie-Ange, avec notre soutien, qui est à la base de cette initiative, désireuse avec son époux de se faire entendre au plus haut niveau. Et le verdict récemment tombé concernant « son » affaire ne changera rien à son attitude : elle persévèrera avec nous pour faire en sorte qu’aboutisse ce projet … mais pour d’autres enfants. Au terme de tant d’efforts pour son cas, cette conviction, cette abnégation, force le respect.    Merci Madame …

                                                        

Albert GILLIQUET

Vice-président

Mars 2007

 

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