Relâcher les assassins de la route : une pratique courante dans notre pays.

Nous ne pouvons tolérer cet état de chose et c'est pourquoi, nous nous devons de réagir.

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L'écraseur ivre déjà relâché! (23/05/2003)
© DH
Conduisant sans permis, il a mortellement fauché un cycliste

LUTTRE Tuer quelqu'un en conduisant en état d'ébriété relève véritablement de l'assassinat. Mais malgré tout, certains arrivent encore à prendre le volant complètement saouls, mettant en danger la vie d'innocentes victimes. Mercredi soir, un drame semblable s'est joué à Luttre.

Jean-Marie Meys, 50 ans, clarkiste chez Colruyt, revenait d'une balade à vélo avec son groupe d'amis. Après avoir quitté son dernier compagnon de route, Jean-Marie s'est dirigé vers son domicile de Pont-à-Celles. Il n'est jamais rentré chez lui.

En effet, alors qu'il venait d'emprunter la rue Fromiée à Luttre et qu'il s'apprêtait à aborder un virage en L, un chauffard a fait irruption dans l'autre sens à bord d'une vieille Opel Kadett. Le fou dangereux a alors doublé une camionnette en pleine courbe et s'est retrouvé face à face avec Jean-Marie.


Dans un fracas de tôles, le cycliste a été projeté à une vingtaine de mètres de là pour s'affaler sur le bas-côté. Le véhicule, dont le toit a été complètement défoncé, s'est immobilisé à ses pieds, les traces de freinage étant décelables sur plus de quinze mètres... mais après le point d'impact.

Une infirmière a donné les premiers soins à Jean-Marie Meys, détachant son casque et enlevant le morceau de dentier qui s'était cassé en deux dans sa bouche. Les secours l'ont conduit au CHU carolorégien où il est décédé de ses blessures (mâchoire déboîtée, bassin fracturé, etc.).

Les policiers ont écarquillé les yeux en regardant l'éthylotest de cet inconscient virer au rouge. Pire, ils ont constaté que cet individu, possédant un casier judiciaire très étoffé, conduisait sans permis.

Apparemment, le propriétaire du véhicule et le chauffard venaient de se faire éjecter d'un café où ils s'étaient saoulés avant de chercher bagarre. Dans sa bêtise, le détenteur de la voiture avait donné les clés du véhicule sans broncher à son compagnon, devenant en quelque sorte complice du massacre.

Mais ce qui reste en travers de la gorge de tous, c'est que le chauffard a été relâché dès hier alors qu'il est responsable de la mort d'un homme. Dans certains pays voisins, on sanctionne fermement ce genre de faits mais en Belgique, il semble que l'on soit encore laxiste.

5 ans de prison dès novembre

BRUXELLES «A Bruxelles, quand un automobiliste tue quelqu'un en état d'ivresse, le parquet requiert un mandat d'arrêt», commente un magistrat de la capitale, réagissant aux faits survenus dans la région de Charleroi.

Chaque parquet, chaque magistrat peut apprécier la situation sur le terrain et requérir ou non un mandat d'arrêt auprès d'un juge d'instruction, seule personne qui a le pouvoir d'incarcérer avant jugement.

Actuellement, un automobiliste qui tue quelqu'un au volant de sa voiture - on parle ici d'homicide involontaire - risque une peine de 3 mois à 2 ans de prison. Le juge peut aussi prononcer une déchéance du droit de conduire de 8 jours à 5 ans. Cette déchéance peut être plus longue (à vie si nécessaire) en cas de récidive dans les 3 ans. Et le juge peut aussi imposer à la carte des examens (théoriques, pratiques, psychologiques, médicaux) avant de rendre le permis.

La loi Durant, qui entrera en application dès le 1er novembre normalement, va renforcer les peines prévues pour les accidents avec homicide ou blessure.

En cas de mort, l'automobiliste responsable pourra être condamné à une peine de 3 mois à 5 ans de prison (contre 2 ans maximum aujourd'hui). Dans le cas d'accidents avec blessé(s), la peine pourra aller jusqu'à 1 an de prison. Nouveauté: cette barre d'un an permettra au parquet de requérir, dans les cas graves, une incarcération préventive, ce qui n'est pas légalement possible aujourd'hui.

D'un autre côté, cette même loi Durant fait disparaître une série de peines de prison (jamais appliquées) liées à des faits moins graves. La règle sera désormais de privilégier de vraies interdictions de conduire.



Pour la famille, «une décision incroyable»

LUTTRE Ivre, sans permis, connu de la justice comme un malfrat notoire et responsable d'un véritable carnage. Comment peut-on relâcher un tel individu dès le lendemain de son crime? A Charleroi, il n'arrive presque jamais qu'un chauffard, même s'il a tué, soit placé sous mandat d'arrêt. Cela se passe par contre lorsque l'intention de meurtre est présente ou quand le suspect commet un délit de fuite.

En ce qui concerne la mort de Jean-Marie Meys, le parquet a simplement constaté l'homicide involontaire mais n'a pas placé le responsable sous mandat d'arrêt. On peut s'indigner, mais la loi n'y oblige pas. Seule sanction qui l'attend, et encore, pas dans l'immédiat : un jugement au tribunal de police et une éventuelle peine de prison.

Assurément trop courte à côté de la souffrance endurée par la famille de la victime. «Ce sont toujours les innocents qui paient dans ces cas-là», explique le beau-frère de Jean-Marie, digne dans la tristesse. «C'est incroyable que l'on relâche ce genre de personnes qui, par-dessus le marché, se foutent de ce qu'ils ont fait.»

L'épouse du malheureux raconte avec grande peine l'angoisse de mercredi soir. «L'heure tournait et il ne revenait pas. Je savais qu'il n'avait pas ses papiers sur lui et on a fini par téléphoner aux hôpitaux où on nous a dit qu'il avait été renversé par un chauffard. Il est mort durant la nuit.»

Pour l'instant, la veuve ne trouve pas encore de mots pour exprimer ce qu'elle ressent envers celui qui a tué son mari. Nous, on en a pour elle: impunité et injustice.

© La Dernière Heure 2003

F. D.

                                                                  inadmissible et surréaliste

 

La totale incompatibilité existant entre la consommation d’alcool et la conduite automobile n’est plus à démontrer. Ceci vaut bien entendu pour les personnes dites « normales ». Malheureusement, quoique l’on fasse et quoique l’on dise, il restera toujours une minorité ( ?) d’inconscients qui braveront cette incontestable vérité, et prendront la route en ayant exagérément consommé.

  Pour tous ceux qui l’ignoreraient encore, c’est un bien triste accident qui s’est déroulé à Luttre ce jeudi 22 mai dernier : Jean-Marie, 50 ans, rentrait paisiblement chez lui à vélo ; il ne reverra jamais son domicile de Pont-à-Celles : un chauffard ivre et sans permis,(19 ans),  déjà bien connu de la Justice, l’a fauché et mortellement blessé. Inutile d’énumérer chaque détail de l’accident, c’est vain, stérile et désormais superflu puisque le drame a bel et bien eu lieu. Pour la famille, on se doute que c’est un drame : on serait atterré à moins. C’est effroyable, et de surcroît, dans de semblables conditions : un fou de 19 ans, dont le casier judiciaire n’est pas triste, vient, en une seconde, de réduire à néant toute une vie, toute une famille ; le fils de la victime (20 ans à vue de nez) a pu, malgré sa peine, donner à la télé un bien pénible témoignage, celui d’un garçon qui a perdu celui qu’il chérissait par dessus tout, mais aussi – et peut-être surtout- celui qui a été la cible d’un inconscient, bourré comme un porte-avions et en liberté sur la route, au volant de l’auto d’un copain, devenu passager.

  Alors penserez-vous, le Vice-président va encore faire son petit couplet habituel sur la tolérance 0. Vous vous trompez.Comme bien d’autres et comme la famille de Jean-Marie surtout, je ne comprends pas que l’individu responsable ait été remis en liberté dès le lendemain de l’accident, sans autre forme de procès.

   Ceci s’explique ainsi : chaque parquet, chaque magistrat est libre d’apprécier la situation (entendez « sur le terrain ») et requérir ou non un mandat auprès d’un juge, qui demeure le seul à décider de l’incarcération avant le jugement. On parle aujourd’hui d’homicide involontaire lorsqu’un automobiliste tue au volant de sa voiture. Quant à la peine dont pourrait écoper le responsable, elle va de 3 mois à 2 ans de prison, la déchéance du permis s’étalant pour sa part de 8 jours à 5 ans. En cas de récidive endéans les 3 ans, cette déchéance peut être accrue, à vie si nécessaire.

  Consciente que ces peines sont rarement (voire exceptionnellement, et même jamais) appliquées, Isabelle DURANT a fait voter (alors qu’elle était encore en poste, si vous voyez ce que je veux dire …) une loi qui prévoit, dès le 1er novembre prochain, un renforcement considérable des peines prévues pour les accidents avec homicides ou blessures. En cas de mort, le maximum sera (enfin ?) fixé à 5 ans  (pour 2 actuellement); en ce qui concerne les accidents comportant un ou plusieurs blessé(s), la peine pourra atteindre 1 an de prison. Et précisément, dans les cas graves, le parquet pourra demander une incarcération préventive, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. On se dirige vers de réelles interdictions de conduire, au détriment d’une volée de peines de prison, qui ne sont d’ailleurs jamais appliquées.

  On l’a maintes fois dit et écrit : pour le GAR (et pour votre serviteur en particulier) ,tuer quelqu’un en état d’ébriété est un acte assassin. On peut légitimement fonder certains espoirs dans cette prochaine réglementation : ce qu’il s’est passé à Luttre est surréaliste et dépasse l’entendement. Que tous ces criminels soient dignement punis : non seulement, ceci mettra un peu de baume au cœur des familles des victimes, mais en plus, sera (peut-être ?) de nature à décourager ceux qui pensent qu’un peu d’alcool n’a jamais fait de mal à personne, même au volant.

  Toutefois, rappelons-nous que nous sommes en Belgique et que par nature, le Belge trouve toujours le moyen de contourner une loi. En plus, nous attendons de nos magistrats qu’ en la matière, ils deviennent rigoureux ou sévères, et appliquent au pied de la lettre et sans compassion, ce que prévoient explicitement les textes.

    

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