LE PERMIS DE CONDUIRE

 

 

Permis de conduire : pour tous ?

 

Il n’y a pas un seul jour qui s’ouvre sans un accident causé par une personne âgée ou par un jeune, la tranche 30  - 40 semblant ( ?) un peu moins concernée, a priori tout au moins. Alors, la réaction du public va  bon train : « je l’ai toujours dit, c’est normal, i’sont plus ceci, moins cela, à c’t âge-là, on ne sait plus, on sait pas encore que, … »

 

Le penser ou se contenter de le dire sont deux choses, mais il reste qu’agir serait probablement mieux. En effet, il y a maintenant des mois, voire des années, que l’on nous bassine avec les profonds changements « qui ne tarderont pas à intervenir » au niveau du permis de conduire mais - et nous croyons être plutôt bien informés -, rien de vraiment concret n’est apparu récemment. Alors, que faut-il faire ? Nous ne détenons certainement pas LA solution ; toujours est-il que des modifications, qui ne feraient pas que des heureux, pourraient être apportées. En voici quelques exemples :

 

  1. L’âge d’obtention ne devrait pas changer : 18 ans, après tout, c’est un âge « raisonnable ».
  2. Un âge limite ne doit pas être nécessairement fixé au départ et ce, pour laisser aux plus âgés l’autonomie dont ils ont bénéficié jusqu’alors (la presse s’en est fait l’écho : supprimer le volant à une personne âgée peut mener au drame). Il s’est également révélé que certains « seniors » étaient plus aptes à conduire que le sont pas mal de jeunes. C’est cela l’expérience en plus… Nous verrons cependant plus loin que l’ âge avancé est loin de constituer une sécurité.
  3. Davantage que la connaissance du Code de la Route, l’accès au permis devrait être se doubler d’un certificat d’aptitudes physiques et pas n’importe lequel. Si la vue, comme on le dit souvent, doit effectivement être optimale, elle devrait être régulièrement contrôlée, tous les ans par exemple.
  4. Si la vue constitue évidemment un atout majeur, elle est toutefois loin d’être la seule : en effet, une automobile se conduit et se maîtrise avec l’ensemble des sens, quoique l’on en pense (sauf le goût bien sûr !). Ainsi, l’ouie et le toucher sont probablement plus importants qu’on l’imagine généralement puisque tous deux permettent  à la fois de mieux appréhender ce qu’il se passe  dans et hors habitacle, et de mieux « sentir » sa monture. Ceci est loin d’être anecdotique, les faits divers en témoignent …
  5. Une simple visite médicale est le plus souvent évoquée : oui, mais c’est largement insuffisant ; il existe en effet, outre les sens donc, une pléiade d’autres facteurs médicaux, de prime abord plus complexes, comme la qualité des réflexes par exemple. Plus que le simple petit marteau sur le genou, des instruments bien plus perfectionnés sont aujourd’hui en mesure de les analyser plus complètement que le seul avis du médecin « à l’œil » (qu’ils me pardonnent). Et puis, il n’y pas que le seul genou …
  6. La périodicité des ces examens ne doit pas être fixe puisque la rapidité des problèmes physiques évolue,  avec l’âge notamment ; de plus, l’altération des facultés est fort fonction de l’individu lui-même, et de son « parcours », c'est-à-dire les conditions extérieures qui ont été les siennes pendant un certain laps de temps ; et ceci n’est pas nécessairement fonction de l’âge.
  7. Un problème subsistera toujours : le permis s’acquiert, aujourd’hui tout au moins, dans des conditions qui « arrangent » le candidat, à savoir qu’en toute logique, on ne (devrait pas) se présente(r) pas à l’examen avec des problèmes de santé ou de stress (en dehors de celui provoqué par l’épreuve en elle-même). Ce n’est pas au moment d’une forte grippe qu’on passe son permis, ni en cas de décès d’un proche par exemple. Or ces dernières circonstances font elles aussi partie de la vie et jusqu’à preuve du contraire, chacun utilise son véhicule dans ces circonstances, à condition bien entendu de ne pas être cloué au lit avec 40° de fièvre.

 

On l’a déjà dit : contrôler le conducteur à n’importe quel moment et vérifier qu’il possède toutes ses aptitudes –physiques et psychiques- (on ne parle pas ici de l’alcool ou de la drogue) semble difficile, voire tout à fait impossible ( à moins, bien sûr, que nos amis lecteurs n’aient une idée, géniale si possible, à proposer …).

 

Il existe assurément un tas d’autres facteurs, peut-être plus importants (l’ épineux cas des handicapés par exemple), à prendre en compte : ces quelques points ont seulement été proposés pour mettre en lumière que l’obtention du permis de conduire n’est pas une simple affaire de routine, comme elle l’est pour l’instant. Quant au problème du coût, certainement non négligeable,  ce n’est pas à une association militant en faveur d’un accroissement de la sécurité sur nos routes qu’il appartient de discuter, et encore moins de trancher ( mais la vie a-t-elle un prix ?).

 

Au demeurant, on notera que les autorités parlent beaucoup moins de l’acquisition que du retrait ; à nos yeux, c’est une erreur et les autorités feraient mieux d’attaquer le problème à la base plutôt que sévir quand c’est trop tard …

  14 août 2002

 

 

Albert GILLIQUET

Vice-président du GAR

Responsable Liège de RED

 

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