VULNERABILITE DES CYCLISTES

 

La vulnérabilité des cyclistes

 

A plus de 48 ans et peut-être inconsciemment encouragé par les coureurs du Tour de France, je viens d’acquérir un vélo ; c’est aussi un peu une manière de soigner quelque peu ma condition physique, délaissée ces derniers temps, ces dernières années devrais-je écrire.

Je vous entends déjà dire : « mais en quoi ça nous concerne ? ». A priori, en rien puisque c’est banalement du ressort de ma vie privée qui ne regarde personne, ou presque.

Détrompez-vous : cela vous regarde puisque je suis subitement devenu un usager faible, en oubliant ma voiture lorsque c’est possible. Et en très peu de temps, j’ai appris pourquoi les cyclistes montaient si souvent au créneau pour attirer l’attention sur les mauvaises conditions de circulation qui sont les leurs.

  Loin de moi l’idée de vous donner un cours ex-cathedra sur la façon de se tenir (ou plutôt se maintenir) en selle ou de pédaler, le mode d’emploi du dérailleur, l’usage des freins, …

 Non, c’est plus simple que cela: le but de ces lignes est, sans aucune prétention, d’essayer de sensibiliser les automobilistes qui côtoient tous ces cyclistes, dont le nombre va sans cesse croissant dans notre pays. Ces derniers doivent en effet prendre conscience que ces deux- roues, ne bénéficiant pas de moteur pour accélérer (ça, c’est malin), sont constamment la cible, le plus souvent involontaire, des autos. Si aux yeux du Code, les pistes cyclables sont fréquemment prioritaires, il n’en reste pas moins que rares sont les usagers forts, tournant à droite par exemple, qui cèdent volontiers le passage aux vélos.

Concernant les priorités de droite par exemple, c’est la roulette russe à tout moment pour le cycliste : il doit s’arrêter –sauf si il est animé d’une bonne dose d’inconscience- parce qu’il n’a aucun poids vis-à-vis d’une voiture dont le conducteur n’a généralement qu’un très modeste respect pour ces « sans-grade » (et puis, c’est quand même 5 secondes de gagné sur son trajet … : par les temps qui courent, d’aucuns penseront que c’est énorme).

Pour un cycliste, se faire doubler est une autre épreuve : si ma mémoire est bonne (j’avoue n’avoir pas recherché), l’automobiliste doit, dans sa manœuvre, laisser 1m entre le vélo et sa voiture pour permettre au cycliste de … tomber. Si ce que j’écris est exact, prenez la peine de considérer la largeur d’1 m et vous aurez vite compris que c’est vraiment pas beaucoup; de plus, il est fréquent de constater que certaines voitures frôlent d’assez près les cyclistes, et de surcroît à vitesse élevée : c’est un danger souvent rétrospectif dont ces usagers faibles se passeraient bien volontiers. Fort heureusement, ce n’est pas une généralité et la courtoisie des automobilistes est plus fréquente qu’on le dit ou qu’on le croit. Merci pour eux.

  Quant aux piétons qui s’engagent sur la route, il est rarissime qu’ils tiennent compte des cyclistes et ce, pour un raison simple : ils ne les entendent pas, sauf si le cycliste, toujours très concentré sur ce qu’il fait, actionne sa sonnette auparavant. Une fois encore, c’est  grâce à ces derniers que des accidents sont évités.

  Dernier point mais d’importance : l’infrastructure routière. Il n’existe malheureusement pas chez nous une politique commune à chaque région à l’égard des cyclistes : il est vrai que c’est une tâche ardue, sinon impossible. Partant, les pistes cyclables présentent une variété de présentation souvent décourageante : on passe en effet allègrement (en quelques mètres à peine)  de la réelle piste praticable à la bordure de route dont la revêtement laisse pour le moins à désirer, et je suis gentil. Quant aux (éventuelles) lignes blanches qui bordent ces accotements, c’est un défi quasi permanent aux lois de l’équilibre. Enfin, si les graviers et autres pierrailles passent pratiquement inaperçues en voiture, ceci est nettement moins vrai lorsque l’on conduit un vélo : une fois encore, le danger de se retrouver à terre est grand.

  La liste serait longue, inutile d’en remettre. Toutefois, je ne peux passer sous silence le fait que pas mal de cyclistes sont intrépides et que parfois, ils semblent affronter les automobilistes comme s’il s’agissait d’un défi. Ainsi par exemple, les groupes (cyclotouristes, jeunes, …) ne respectent pas toujours les règles auxquelles ils sont soumis : et ce n’est pas parce que l’on est un usager faible que l’on peut se permettre n’importe quoi … Ne jetons donc la pierre à personne : en dehors des problèmes d’infrastructures évoqués plus haut, c’est aussi et surtout, une question de respect et de courtoisie entre usagers. N’est-ce pas un des clés de la sécurité sur les routes ?

  Août 2003

   

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