EN SOUVENIR DE DOMINIQUE - 25 DECEMBRE 06

Noêl est la fête familiale par excellence. Pour beaucoup de personnes, il manquera quelqu'un à la table, un enfant, un proche, parti trop tôt. C'est le cas de Geneviève, son fils a été tué par un chauffard un jour de Noël, il y a 9 ans. Plus jamais, il n'y aura de fête pour elle, comme pour beaucoup d'autres. Nous pensons aussi à Miguel, tué le 25 décembre 2004.

Une souffrance de tous les jours encore accentuée en cette période de fête.

Voici ce que Geneviève dédie à son fils, suivi du texte de son frère Eric.

A mon fils chéri

j'ai tellement de haine contre les responsables qui ont protégé l' assassin de Domi

J'ai essayé d'écrire pour lui, mais mes larmes coulent et je ne veux plus qu'il me voit pleurer, j'ai tellement mal de savoir :

Qu'il ne sera jamais architecte

Qu'il n'aura jamais d' enfants , lui qui en voulait tellement

Je n' arrive pas a pardonner à l'assassin  et surtout à sa famille 

La mort de Dominique est bien le résultat ou la conséquence du fait que cet homme a décidé de boire , pour moi il avait bu , une analyse de sang 5 heures après une injection de sérum !!!!!

Il devra rendre des comptes

Il devra  se produire  un  événement

Sur sa pauvre existence pour faire contrepoids

La loi de cause à effet  est une loi universelle et immuable

Il est vrai que le temps n'existe pas

Neuf années sans toi c'était hier et pourtant....

On voudrait toujours revenir en arrière

Si tu savais mon fils comme j'ai mal

Si tu savais mon fils comme tu me manques

Je voudrais sentir ton odeur

Écouter  ton rire

Te voir dessiner les plans de ta belle maison

Domi,  les gens de la toile sont si merveilleux

Ma vie, mon Amour, mon enfant, pardonnes moi si je pleure encore

Je t'aime tellement

 Maman

A mon frère

Les choses changent, les gens aussi parfois.

 Mais le passé lui reste figé.

 On peut y retourner chaque fois que l'on en a besoin pour se souvenir des gens ou des moments que l'on a aimé à ce moment là.

 Quel sentiment de sécurité et d'apaisement de savoir que les bons moments que nous avons vécu resterons à jamais dans notre mémoire et dans notre coeur.

 Immuable comme du cristal .... pour l'éternité...
C'est lorsque je pense à ces moments du passé, que je crois comprendre un peu le sens de nos vies.

Chaque jour qui passe nous éloigne un peu du souvenir et pourtant ces moments deviennent de plus en plus fort.
Je comprends aujourd'hui l'importance de ces instants qui paraissaient si insignifiant alors. Car qu'en il n'y a plus rien, il ne reste qu'eux...
Alors ces bons moments il faut les saisir, n'en laisser échapper aucun pour que plus tard, on ne soit plus jamais seul...

  Eric 

Pour envoyer un message de réconfort à la maman de Dominique et à son frère :

Chère Geneviève

Nous ne nous connaissons que par mails échangés. Tu ne rates jamais de m'envoyer un mot de réconfort et une pensée pour mon gamin.

A mon tour de de dédier ce très beau texte qui m'a été envoyé par les parents de Christophe. Ce n'est pas de nous, il est sur le site de l'association Jonathan Pierres Vivantes.

Avec toute ma tendresse et mon amitié

Je te veux vivante, Maman !

 Je pleure mon enfant qui est mort...
Mais en même temps, j'entends sa voix qui me dit avec une légère impatience :
"Maman, ne te tracasse pas pour moi,
Maman, n'en reste pas là.
Oui, mon départ t'a fait très mal !
Oui, tu as toujours mal !
Mais tu sais maintenant que c'était un envol non un naufrage.
Oui, je sais ! Cela est inguérissable...
Mais que cela ne t'empêche pas de penser aux autres et aussi à toi.
Continue à cueillir, maman, tous les bonheurs de la vie.

Même les plus petits, même s'ils ont un arrière goût de cendre parfois.
Fais-toi plaisir, chante, écoute de la musique, crée quelque chose avec tes mains.

Crée quelque chose avec ton coeur, avec ta tête !
Sans cesser de pleurer peut-être, mais crée !
Je te veux vivante, Maman ! Que mon départ devienne pour toi source de vie !
Je t'en prie, ne t'abandonne pas !
Continue, va !
Tu le sais, je suis avec toi tous les jours.

Je te veux vivante, Maman ! 

Cécile et Jean-Pierre Jacob - Parents de Frédéric (Belgique)

 

Chère Geneviève, Cher Éric,
 
Perdre un enfant est un drame à nul autre pareil. Qu'il vous quitte, en plus, un jour de Noël, est terrible parce que cette Fête, au caractère hautement symbolique, évoque immanquablement le rassemblement de la famille. A tout cela, vient s'ajouter le fait que Dominique ait été victime d'un usager alcoolisé. La notion de profonde injustice est alors à son comble.
Et Éric, son frère, a ces mots :
"C'est lorsque je pense à ces moments du passé, que je crois comprendre un peu le sens de nos vies. Chaque jour qui passe nous éloigne un peu du souvenir et pourtant, ces moments deviennent de plus en plus forts.
Je comprends aujourd'hui l'importance de ces instants qui paraissaient si insignifiants alors. Car quand il n'y a plus rien, il ne reste qu'eux...
Alors ces bons moments il faut les saisir, n'en laisser échapper aucun pour que plus tard, on ne soit plus jamais seul...  ".
 
"Retourner le couteau dans la plaie" penserons-nous ? Non, car c'est au contraire,  d'une extraordinaire vérité.
 
Je ne connais pas les sanctions encourues par cet irresponsable, je ne sais pas non plus ce qu'a pu faire sa famille pour que vous lui en vouliez tant, le protéger de manière honteuse probablement,t  ? Une chose, cependant est sure : ces gens ne mesureront jamais votre détresse et pour cela aussi, ils mériteraient tous de figurer au ban de la société.
 
Je ne puis vous aider certes, j'espère seulement que ces quelques mots  vous convaincront qu'existent des gens, beaucoup de gens, qui pensent à vous. Et je suis parmi eux, tout simplement.
 
 
Albert GILLIQUET, Vice-président du GAR
 

Chers Geneviève et Éric

 Je voudrais vous dire que je suis de tout cœur avec vous en cette période si douloureuse. Perdre un enfant est la pire des choses que l'on peut vivre.  C'est une souffrance au quotidien. Notre cœur est meurtri à jamais. Plus jamais rien ne sera pareil. Pour nous il n'y a plus de Noël, plus de fêtes. Je souhaite de tout cœur que cette journée passe le plus sereinement possible. Puisse Dominique venir vous faire à tous deux un petit clin d'œil.

Je suis de tout cœur avec vous et vous souhaite courage. Le temps passe mais les souvenirs et la douleurs sont bien présents en nos cœurs.

Lucienne, maman d'Eddy (Belgique)

Hommage à Dominique

Dans le rythme immuable des calendriers, le 25 décembre est synonyme du début de
glissage vers l’enfer d’une famille dont le parcours est lié à celui d’un véritable
chaos de ce monde dévasté par la folie des hommes.
C’est alors que s’ouvre la saison des tempêtes, d’ouragan, du tonnerre, de la foudre,
et des glaciations. Et encore, ces mots ne me semblent pas suffisamment forts pour
décrire le meurtre d’un enfant. Car, après les désastres naturels on peut reconstruire,
mais nul n’a jamais vu ressusciter un disparu.
 
L’histoire d’une famille que tout commence au paradis et en espace de quelques
secondes tout bascule dans l’enfer.
Depuis la macabre découverte du carnage, on ne sera plus jamais le même,
on est profondément atteint, au point de vouloir disparaître dans un pays
lointain où on se réfugierait pour s’isoler à jamais de ce monde impitoyable.
Les parents subissent d’autant plus les perturbations, ce qui est non conforme
 à la règle de la nature, quand leur temps de parcours est plus élevé que celui
de leurs enfants…et qu’ils sont loin de la ligne d’arrivée…
 
Dans cette tourmente, sans avoir les moyens de canaliser notre souffrance,
de temps à autre, on passe à côté du gouffre pour l’empêcher de sauter ce qui
voulait d’en finir … Ayant toujours l’envie au fond de soi de sauter …..
On remonte et on lève la tête pour sortir de l’eau, finalement
on s’y noie dans une atroce réalité incohérente !
On regarde défiler la vie de loin : que de solitude, de regard vide,
de dialogue minima et d’incommunicabilité de nos souffrances avec une société
désaxée! Pour garder l’apparence, nous devenons des comédiens non professionnels !
 
Nous partons un peu dans tous les sens pour se débarrasser de tout ce qui pèse,
si lourd sur notre cœur meurtri, à tel point qu’on commence à scier la branche sur
laquelle on est assis ! Nos espoirs furent anéantis quand la cruauté humaine arrache
 à nos gamins le droit fondamental d’exister. D’autant plus qu’ils n’ont pas choisi
librement de s’éloigner de nous.
Quand ils sont partis, pour nous, rien n’est fini, on a perdu le contacte avec eux.
Ils restent invisibles au champs visuel. On ferme les yeux on les voit encore, on
 bouche les oreilles on les entend encore.
Leur corps nous ont quittés, ils sont inaccessibles, mais leur amour ne
nous quitteront jamais, ils resteront toujours dans les cœurs des parents,
des frères et des sœurs. Très vite un lien invisible se noue avec une
économie de dialogues, mais capables de communiquer avec
les survivants d'une autre manière.
 
L’amour d’un enfant n’est pas de la fête qui vient une fois par an.
Il est toujours là, n’importe quand, n’importe où, que le temps soit à l’orage
ou au ciel serein. Oublier c’est de la poison mortelle, cultiver sa mémoire c’est l'antidote,
le combat nécessaire pour sauvegarder afin d’empêcher nos gamins de mourir par oubli !
Voilà pourquoi nous sommes ici pour parler de eux , mentionner leur noms,
des noms que la société a supprimés….Pour dire que nous sommes impatients
de les prendre dans nos bras, qu’ils ne sont jamais oubliés.
 
Je suis de tout cœur avec vous, pour partager ces grandes douleurs.
Le malheur qui nous est commun , épouvantes des autres humains,
acteurs de cette guerre affreuse où le mal est leur seul chemin.
Écoute bien cette voix  :
 Je fais danser ton cœur, je te transporterai de ténèbres
à la lumière , pour apaiser toutes tes peines , je ne dirai qu’un mot.
 Oh ... Maman, que je t’aime.
Mes pensées les plus affectueuses et les plus tendres s’en vont vers toi Domi,
où que tu sois avec ou sans Atta..
 
Lili Maman d'Atta OLOUMI (France)


A la maman de Dominique,

Via Cécile, je suis très touché par ce que vous avez vécu ! Il n'y a pas de mots qui peuvent éponger votre douleur à vous et vos proches ! LE 25 DÉCEMBRE doit retentir dans votre tête et vos entrailles ....et celui qui a fait cela a - t'il au moins une pensée sincère pour vous ? Vous prendrait - il la main ? Vous demanderait - il pardon ?

Non même pas, les victimes deviennent alors responsables et les responsables deviennent victimes, c'est trop injuste ! C'est lâche ....!

Sachez que vous n'êtes pas seule ! Trop de parents sont meurtris et se joignent à vous   ..!  Je fais partie de ceux - là et croyez - moi je suis vraiment de tout cœur avec vous car je sais ce que c'est que la chair arrachée sur une maman !

Je ne rajouterai rien Geneviève, sinon que j'allumerai une bougie pour tous les enfants, pour votre enfant, pour mon enfant Emma ...!

Très cordialement

Guy le papa d'Emma  (France) 

              

Chers parents de Dominique,

La vie vous a durement frappé un jour où nous devrions être heureux. Je suis de tout cœur avec vous en ce Noël synonyme pour vous de douleur. Bien que nous tous ici soyons dans la peine en ce jour de Noël car l'absence de nos enfants se fasse encore plus sentir ce jour là, je pense fort à vous.
Bien sincèrement, mes pensées vont vers Dominique en ce jour de Noël

Nicole, maman de Véronique assassinée en 2002 France



Cécile  Jacob, fidèle à elle-même,  attire mon attention sur la Noël de Geneviève. Sans la connaître vraiment et dans le contexte de Notre-Dame en Chemin, je tiens à lui dire

l'espérance : dans le cœur de la nuit, il y a une étoile, qui porte un nom aimé.

J. Bodeson

Chanoine et prêtre de la chapelle dédiée aux victimes de la route

"Notre-Dame en Chemin" à Boncelles (Belgique).

Chère Geneviève, cher vous tous
 
Cela fait déjà quelques années que nous nous connaissons
Au travers des différents Emails que nous nous envoyons
Et les mots sont toujours difficiles à trouver pour rendre hommage à Domi
Un garçon merveilleux, un garçon intelligent, un garçon sans problèmes
A qui l'on arraché la vie au printemps de son âge
Tu ne sembles pas toujours apaisée et nous en savons la raison 
Son absence te fait souffrir comme son odeur, son sourire
Tu ne peux plus l'embrasser ni le serrer tout contre toi
La chair de ta chair s'en est allée, victime de la bêtise humaine
Et tout s'est mis au travers de ta route ce jour-là
Tu as dû batailler ferme et longuement pour aboutir à la vérité
TU Y ES ARRIVÉE: comme il doit être fier de toi
Mais cela ne te suffit pas, c'est lui qui te manque
Nous serons en pensées avec vous ce 25 décembre vers 23h30
Nous vous embrassons très fort amicalement
 
Rose-Mary et Arnaldo (parents de Christophe) Liège-Belgique
 


Sans doute la plus âgée des maman mais la plus jeune du GAR, je découvre petit à petit, mes compagnes et compagnons de souffrance. Je découvre aussi les nouveaux et nouvelles amies de Philippe. Comme ils sont nombreux ! Notre terre n'est-elle qu'un immense tonneau des Danaïdes où la folie de l'homme précipite nos petits sans discernement sur leur pureté, leurs rêves, leurs espoirs, leurs projets.
Pourquoi le tien, pourquoi le mien, ceux-là qui avaient droit à tout alors qui survivent les sans droits.
Il nous reste à manger ensemble notre "sac de charbon", ensemble, ensemble, ensemble, comme eux, la haut.


Yvette - Maman de Philippe (Belgique)

 

 

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