Méga-soirée d’Aubel (19 janvier 2007)

 

En très peu d’années, les « fêtes » ont changé radicalement de visage …

 

Comme l’année dernière à la même époque, le Lyon’s Club Aubel Bocage (section « femmes ») avait, ce vendredi 19 janvier 2007, mis sur pied une « méga-soirée » de fin d’examens au Hall Omnisports d’Aubel. Tenant à faire les choses consciencieusement et de manière telle que rien ne puisse leur être reproché par la suite, les organisateurs avaient pris soin de demander au GAR (en collaboration avec RED) d’assurer – comme en 2006- un service de retour à domicile, ce qui fut fait grâce à l’aide de la Société D’Ieteren (VW) et avec le précieux concours de quelques-uns de nos bénévoles habituels.

Disons immédiatement que le service d’ordre se montra, cette fois,  à la hauteur, avec notamment une fouille corporelle auprès de chaque « représentant mâle » (enfin, on va dire comme ça) entrant, de même pour certaines filles et l’interdiction de ressortir du Hall avant une certaine heure, ceci pour éviter tout débordement et surtout, afin que des bagarres n’éclatent pas (trop tôt ???) à l’extérieur, comme l’année passée. Nous avons aussi noté qu’un chien accompagnait ce véritable commando (ce n’est nullement péjoratif !) de cerbères : à lui seul, il était (en tout état de cause, il devait l’être) plus décourageant pour les fauteurs potentiels de troubles que les seules carrures des « préposés », qui, à elles seules, auraient dû pourtant en faire taire plus d’un ou tout au moins, les décourager. Nous verrons d’ailleurs plus loin que cette dernière notion resta extrêmement théorique …

Quant à la Police, nous l ‘avons sentie à la fois plus présente, plus motivée et plus incisive qu’en 2006, avec ici encore, un chien qui, s’il n’était certainement pas agressif gratuitement (autrement dit, envers tous et sans distinction !), ne s’en montrait pas moins peu … aimable avec les fortes têtes, les réchauffés par l’alcool, les fouteurs de merde et les allumés de nature.

 

Précisément, c’est à tous ceux-ci que je voudrais m’adresser dans ces lignes, en restant hélas convaincu qu’ils ne les liront jamais. Car si le retour à domicile, magnifique initiative en soi (surtout pour beaucoup de parents un peu paresseux,  n’est-ce pas ?), n’a désormais plus lieu là-bas, c’est essentiellement à eux qu’on le devra. En effet, nous ne reviendrons pas à Aubel dans des circonstances semblables : il importe de garantir à tous nos bénévoles (dont les chauffeurs bien entendu) une sécurité maximale, ce qui fut – à nouveau !- loin d‘être le cas.  Des rixes, parfois vives, parfois violentes, se sont encore déroulées à l’extérieur, malgré les précautions prises par les organisateurs et la présence de vigiles, de la police et de bergers (les fameux chiens). Rien n’y fit. Pour l’anecdote, on précisera que nos conducteurs ont parfois été insultés et que l’un de ceux-ci a même levé la main (pas fort assez à mon goût) pour éviter que l’un de ces « mous du cerveau » ne s’en prenne à l’un de nos véhicules. C’est tout dire …

 

Le problème peut être résumé comme suit, même s’il comporte plusieurs éléments qui, réunis, forment un ensemble très problématique :

a)      en grande majorité, les participants sont jeunes, parfois même trop jeunes (14 ans pour beaucoup) à un point tel que nous nous demandons si des organisateurs et/ou un Bourgmestre ont vraiment le droit de permettre l’accès à de telles soirées à des jeunes en si bas âge. Ils feraient certainement mieux de ne pas trop s’attarder à certains détails, mais plutôt de régler une bonne fois pour toutes cette question d’âge. A notre sens, ils ne se rendent pas compte des risques qu’ils prennent et font prendre …

b)      Si nous ne pouvons nous prononcer quant à la présence ou non de drogue, on peut dire que l’alcool (Red Bull-Vodka par ex.) y coulait à flot. Normal : d’une part, ce sont les boissons alcoolisées qui rapportent le plus et, d’autre part, les jeunes ne savent (ou ne veulent) pas s’amuser sans boire de l’alcool . Sans compter que « ça fait bien » devant les filles, au demeurant peu en reste sur ce plan. Pour en revenir à cette sempiternelle question de rentabilité, même si les bénéfices sont reversés à une asbl de la région (ce qui, en soi, est louable et généreux), nous nous posons la question suivante : ne serait-il pas mieux de « faire un peu moins de sous » sans verser d’alcool à d’aussi jeunes personnes ? Quelque part, c’est honteux parce qu’un jour, des parents se demanderont (si ce n’est déjà fait) pourquoi donc leur enfant de 18 ans est devenu alcoolique en si peu de temps alors que rien ne le laissait présager ! Et ces jeunes de 14 ans en auront un jour 18, ils seront adultes et conduiront à leur tour.  Et rien que pour cela, nous ne renouvellerons pas l’expérience d’Aubel. On dit les « organisateurs ont tout fait et pris toutes les précautions imaginables». Cela n’engage que moi : je dis NON pas tout à fait, et je suis persuadé que beaucoup (et tout le GAR en particulier) partagent cet avis tranché ! La 1ère chose à faire était précisément de ne pas servir de l’alcool aux plus jeunes (et même d’ailleurs aux autres), la 2ème était de ne pas organiser du tout  de fête alors que l’on sait très bien que c’est pas l’amusement des ados qui est recherché puisque c’est la sacro-sainte R-E-N-T-A-B-I-L-I-T-E qui est privilégiée !!! Et les service de navettes du GAR ? Nous ne sommes pas dupes : c’est un prétexte à bonne conscience puisque tout le monde sait très bien que avec 3 véhicules multiplaces, nous ne pouvons reconduire que 50 ou 60 personnes en 2 ou 3 voyages, alors que l’on attendait plus de 2000 personnes, excusez du peu. Pourquoi les organisateurs(- trices dans ce cas) n’ont-ils pas remué ciel et terre dans les temps pour disposer d’une aide communale ou bénéficier de toute autre forme de soutien ? En plus, ils savaient que nos bénévoles seraient à leur disposition gratuitement et  aux heures qu’ils souhaitaient.

c)      Pour certains jeunes, le fait d’être « surveillés » (police, fouille, …) constitue une atteinte à leur liberté, une liberté qu’ils retrouvent donc à l’extérieur de la salle, ce qui, alcool et probablement drogue  aidant, catalyse leur tempérament et stimule leur agressivité, avec les bagarres qui s’en suivent.

d)      Il vous est certainement arrivé de tenir en mains un bocal contenant des harengs : heureusement que ceux-ci sont morts parce que la place dont ils disposent ne leur permettrait de toute façon pas de survivre longtemps. C’était un peu la même chose ici, si ce n’est que le bocal est un hall omnisports et les harengs, des jeunes mais en vie ! On ne nous fera pas avaler que tous ces ados sont à l’aise dans ce bazar, d’autant plus que la plupart prend un malin plaisir à se concentrer vers le centre, ceci permettant d’ailleurs aux rixes de se développer dans les 4 coins de la salle. Allez comprendre … Sont bêtes ces jeunes !

e)      Certains parents sont complètement fous : comment est-il possible de laisser leur progéniture (c’est d’enfants dont il est question) de 14-15 ans sortir dans des soirées dont on sait que, pour la plupart, elles dégénèrent. Et bien souvent, ces soirées se déroulent « loin de chez eux » (c’est ce qu’ils disent : 15-20 bornes, tu parles d’une expédition à préparer avec cartes, GPS, …), à un point tel que cela les dérange de venir les rechercher. Et ces parents s’étonneront qu’un jour …

 

Pour en revenir au GAR et à son action dans le cadre de la soirée d’Aubel, il va sans dire que nous sommes parfaitement conscients de nous être beaucoup éloignés de notre but initial, consistant à ramener chez elles des personnes qui ont bu exagérément, à un point tel qu’elles ne pourraient reprendre leur véhicule en respectant la loi et/ou sans dangers pour eux-mêmes ou les autres usagers. Ici, tel ne fut pas le cas du tout puisque l’essentiel de notre rôle « se borna » (c’est peu dire !) à ramener chez eux des ados qui n’avaient d’autres moyens que nous pour rentrer à bon port. D’une certaine manière, c’était de leur faute mais c’est aussi celle de parents, parfaitement disposés à les amener tant qu’il est encore tôt (21/22h) mais qui ne se dérangent plus une fois au lit.

On évoquera enfin tous ces malaises qui, bizarrement, ont essentiellement, touché des filles : heureusement, ils s’agissait pour la plupart de problèmes bénins et pas nécessairement en rapport avec la consommation d’alcool ou de drogue.  Mais que voulez-vous ? : pour garder sa ligne, une ado de maintenant préfère s’abstenir de manger toute une journée, avec les conséquences que l’on imagine (chute de tension, hypoglycémie, tétanie, …).

 

 

Au vu de ces éléments, notre conclusion tient en un simple conseil : Messieurs et Mesdames les organisateurs de telles fêtes, ET PAS SEULEMENT CEUX D’AUBEL (parce que nous avons vu pire), ne vous voilez pas la face et faites donc en sorte de préserver nos jeunes, plutôt que de leur fournir toutes les excuses pour tourner mal. Nous savons que vous ne les empêcherez jamais de boire un coup ou de consommer un joint mais soyez au moins conscients que vous donnez à certains d’entre eux l’occasion de dire un jour, en cas d’accident (de tout ordre) plus précisément « c’est pas ma faute, c’est là qu’on servait autre chose que de l’eau. La drogue, j’en prends pas, mais y’en avait et c’était juste pour goûter ».  Et à l’heure des bilans, dites-vous peut-être que vous êtes EN PARTIE (aux côtés de parents, de la société, de la vie actuelle, du chômage, …) responsables de tous ces excès et de cette agressivité qui anime maintenant bien trop d’ados.

 

 

Albert GILLIQUET

Vice-président du GAR

 

Quand la violence s’en mêle …

Si cet article est logiquement consacré à la soirée d’Aubel puisque notre asbl y était « de service », il apparaît que cette « méga-soirée » n’était qu’une des cibles de bandes rivales originaires de Droixhe et de Verviers. En effet, des échauffourées se sont produites en d’autres endroits (Herve, Dison, …) et se sont souvent achevées par des actes violences inqualifiables à l’égard de personnes qui, parfois, n’avaient aucun rapport avec les soirées. Plusieurs d’entre elles ont d’ailleurs dû être brièvement hospitalisées.

On notera que les forces de police avaient eu vent d’éventuelles bagarres et craignaient que certains jeunes originaires de la (hélas) tristement célèbre cité liégeoise se déplacent pour venir semer le désordre dans la région Verviétoise, Quelques uns des premiers cités se rendirent d’ailleurs à la soirée d’Aubel, mais visiblement, animés par un autre dessein que celui de s’amuser, de danser, de prendre un verre ou de « draguer ». En se promenant dans les rues avec bombe flash, marteau, manche de brosse, …, il est vrai qu’on peut se poser des questions quant aux intentions de ces individus !

La Police, quant à elle, si elle avait déployé d’assez gros moyens (beaucoup d’hommes, des chiens, …) pour parer aux incidents, s’interroge sur le coût de ce genre de mobilisation et s’efforce de trouver un moyen de réduire ces frais, en instaurant, par exemple, un système de caution. Celui-ci nous semble utopique dans la mesure où d’une part,  les échauffourées se déroulent bien souvent dans les rues et et que d’autre part, les organisateurs de soirées (le Lyon’s – Aubel Bocage dans le cas qui nous intéresse) ne peuvent assumer les risques (financiers et/ou autres) créés par l’affrontement de bandes rivales.

Toutefois, le GAR, s’il est parfaitement conscient de tous ces frais inattendus (et que finalement, nous payons), ne voit pas cette situation  comme cela : en effet, il se pose la question de savoir ce qui motive ces jeunes à agir de la sorte. C’est désormais un lieu commun que de dire que c’est le reflet d’un mal-être ; c’est pourtant la triste réalité mais notre association, au travers de ses actions (certaines plus que d’autres) est bien forcée de le constater et reste bien impuissante face à une délinquance, déjà trop bien installée.

 

 

Albert GILLIQUET

 

 

 

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